Ce site à été pensé et construit avec un souhait d'y apposer un minimum de lettres/mots/phrases, bref, le minimum de texte. Me connaissant, j'ai une sérieuse tendance à m'étendre furieusement à l'écrit... certes souvent inutilement.

Quoiqu'il en soit, un mot tout de même, un texte.

Mes photographies sont ma mémoire, mon aide à me (re)souvenir. Elles entretiennent ces sentiments, ces sensations vivaces quelque soit le temps ou le lieu. Ces photos sont pour moi immortelles, ou plutôt atemporelles, bien que changeantes.
C'est une démarche profondément et énergiquement égoïste. C'est un pas assumé qui n'est pas empreint de nostalgie mais bien plus de savoir ce que la toile ainsi peinte peut révéler.
Ce que je montre, enfin du moins ce que j'espère pouvoir montrer, sont des moments de félicité, des moments de vérité personnelle.
Croise un regard inconnu, une fois passé, tu prends subitement comme un coup, une gifle, la portance de ce regard. La personne est passée, son corps est déjà parti et tu ne te retournes pas car déjà tu t'es perdu dans ces sensations qui t'ont envahies l'espace de quelques millisecondes, un peu plus peut-être ? Cet instant dont tu ne peux et ne pourras jamais trouver de mots capables de retranscrire ce que tu viens de vivre, de toute façon, tout a déjà été oublié si ce n'est ce regard, ces yeux.
Prends cet exemple et transpose-le à un matin aux côtés de cette personne qui t'accompagne, à cette scène de rue étrange, à ce paysage, à ta propre gueule dans le miroir. A certains moments tu es surpris, perdu pour ton plus grand plaisir ou ta plus grande terreur.

Faire une photo, une bonne, à mon avis c'est réussir à transmettre quelque chose de similaire à celui qui s'attarde, lui donner cette possibilité là. Mais qu'on s'entende, je ne suis pas à son service. Voyeur, tu ne verras que ce que tu voudras bien voir.

Kevin Wagemans
wagemans.kevin@gmail.com

N.B.
Les images présentées sur ce site sont des scans effectués à partir de négatifs via un epson V700. La grande majorité étant de format 24x36 mm, la qualité obtenue via scans ne me permet pas d'obtenir une image comparable au rendu final d'un tirage papier que ce soit en terme de définition ou en terme de colorimétrie. Il y'a donc un écart à prendre en compte entre ce qui est visible ici et un tirage papier. Ces images ont cependant été traitées via logiciels en utilisant uniquement des outils de correction reproductibles sous l'agrandisseur. Il n'en reste pas moins qu'elles demeurent des aperçus.

 

Je photographie peu, en fait. Parfois pour mon plus grand désespoir, le plus souvent parce que je n'ai pas de mots, de thèmes, de pensées qui me conduisent ou tout simplement parce que je n'ai pas mon appareil sur moi (c'est assez atroce de voir l'image et d'être dans l'incapacité de la prendre).

En pratique, tout est fait sur pellicule par choix personnel dont je n'ai pas à me défendre ni à honorer juste peut-être à expliquer la démarche.
Cette technique me permet d'avoir un domaine de pouvoir sur toute la chaîne de réalisation:

Je choisis mes pellicules: Noir et blanc ou couleur ? Beaucoup de grain ou peu ?... c'est l'un ou l'autre, pas les deux pour chaque pellicule.
Je développe moi même: je me rate, la pellicule est morte, je suis inconstant, éparpillé: mes négatifs d'un même type de pellicule sont variables, etc.
Je tire mes négatifs (mets sur papier) moi-même dans la mesure du possible, certaines photos me sont inaccessibles sur un plan technique, je ne suis pas tireur professionnel. Le tirage, donc la photo papier argentique, peut me demander peu ou énormément de temps et d'essais: il m'est arrivé de tirer 10x la même image, un détail et ça ne marchait pas pour moi. Encadrée, j'ai gardé les autres tirages. Heureusement pour moi et mon portefeuille c'est rare.

Partout il y'a du choix et une nécessité de s'impliquer et de savoir ce qu'on est en train de foutre, ce qu'on cherche comme "rendu" (on pourrait d'ailleurs se pencher sur ce terme si souvent utilisé à propos d'une photo... mais bon). Et pour autant chacune de ces contraintes est un espace de libertés dont je peux me saisir et dont je n'ai de comptes à rendre à personne.
La photographie est donc aussi pour moi un domaine où il s'agit que j'assume des choix, des façon de faire et prenne responsabilité de ce qui en découle. Et tout cela me permet de me dire: "oui cela m'appartient".